Lundi 16 août 2010 1 16 /08 /Août /2010 22:36

C'était comme si mon regard prenait son indépendance et décidait de rester plongé dans les yeux de cette fillette. Elle avait les yeux bleus, un chapeau aux fleurs multicolores et elle était peinte toute en grâce.

Je voulais partir mais mes yeux se revoltaient et restés figés dans le tableau harmonieux. Le rouge, le bleu, les fleurs, l'orange et le paisible devenaient peu à peu mes ennemis et, alors que j'étais pressée et voulait aller à la rencontre de l'heure de départ de mon train, mes yeux s'enlisaient d'admiration dans ce dédale d'art éternel et bien restauré.

 

deux.jpg

 

Mon coeur se sentait peu à peu trahi par la léthargie envahissante de mon âme, complètement à la merci de ce que prévalait devant mes yeux. Ce n'était pas de l'hypnose puisque j'étais consciente et bien informée du retard qui prenait de l'avance. Non, c'était de la sensibilité peut-être, un état de conquête absolument immobile et passive.

 

Ces deux personnages, morts depuis longtemps déjà, commençaient à empiéter sur mon heure qui elle devait venir dans très peu de temps... Le train, lui, n'attendrait pas que je finisse de regarder le tableau.

 

D'un élan courageux et héroïque, je contais à mes yeux une raison soudaine, grâce à mes oreilles qui venaient de percevoir un geste furtif du gardien... Je m'arrachais des antres du tableau et entrainais mes pas d'une vive force vers un l'endroit que l'on nommait sortie.

 

Je me cachais des branches enrobantes de chaque oeuvre d'art que risquaient de croiser mes yeux passionnés. J'essayais de garder une allure souple et détachée mais chaque mètre me coutait une énergie folle. Je pssais devant des oeuvres encore jamais vues et tellement belles et criantes de vérité ! Le monde Beau s'ouvrait à moi, m'appelait, tous les tableaux entraînaient mes yeux  à les regarder, à apercevoir au moins  leur vérité, l'âme encore vivante de leur maître enseveli à jamais... Le train allait partir.

 

Je respirais un grand coup et me disait qu'il y aurait une prochaine fois, que j'achèterais le livres des oeuvres de l'institut d'art.. Les raisons sont d'énormes vices lorsque le coeur s'emballe.

 

Mes yeux trébuchèrent soudainement sur eux, au fond de la salle.. Malins personnages tout absorbés à leur tâches ingrate et addictive. Ils n'avaient que faire de mon regard, eux ! Mais le peintre s'était interposé et ses mains et son âme en avaient décidé autrement. Il les avaient peints avec tout son art,  celui qui dit à l'autre, au tout venant: << Regarde ! Vois ce que moi je vois et que peut-être sans moi tu ne verras jamais !!>>

 

Des pauvres esprits absorbés par leur palais de vin, au regard fixe, aux corps mous et déjà flageolants. Van Gogh s'était immiscé jusque dans leurs tripes à tous les quatre. Il avait vu le rythme de leur descente, fixé leur entrain.. Et moi qui devait monter dans le train !

 

Je déclarais forfait devant tant d'infâmie et de poses. Je lâchais mon regard et le laissais s'enfoncer à bride abattue dans ce terrain d'alcolisme et de misère. Ce n'étaient pas des coquelicots ou des tournesols, non, mais des hommes, aussi perdus peut-être que le peintre qui les avait figés, les uns avaient leur vin, l'autre avait son art.

 

Et mon train partira, et ces hommes seront toujours là, à se gaver seuls dans la solitude de leur musée. Pièces à conviction que même l'addiction peut être belle à regarder.

 

 

TheDrinkers.jpg

Par iming.over-blog.com - Publié dans : Regards et paysages
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 10 août 2010 2 10 /08 /Août /2010 21:26

garbagenation.jpg
USA - Southbend - University Park Mall - 13h40

 

 

Notre société post-moderne est indéniablement celle du déchet. Nous ne fabriquons pratiquement rien qui  se consomme totalement. Même ce que nous tuons n'est pas tué pour son entièreté. C'est là que nous différons en tout et pour tout de ces autres civilisations qui ne connaissaient pas la notion de déchet.

Même notre corps d'homme post-moderne est arrivé à saturation. Pour exemple ces gens en surpoids sinon obèses.

 

Je suis seule à marcher dans cette ville lambda (1 miles, parfois 3, selon les besoins) du mid-west où tout est fait pour la voiture polluante. Même les pauvres ne marchent plus. Ils s'arrêtent et attendent.

 

Il existe en Allemagne une nouvelle occupation appelée la promenadologie. C'est l'art de se promener en des endroits délaissés de l'humain, endroits mis à l'écart de par une utilisation de la voiture: cela va des dessous de périphériques à des contre-chemins d'autoroutes, en passant par de larges allée portuaires désertes. 

 

J'ai l'impression de faire de la promenadologie intense ici. Je ne croise et ne me doublent que des voitures. Ces engins sont parfois si gros que je croirais entendre des bus transportant 50 personnes. Lorsque je me retourne, je ne vois qu'un Chevrolet immense avec pour conductrice une Américaine ou un Américain, gros très souvent.

 

Lorsque j'ai acheté ce pain de mie tout à l'heure, chez le discount 'Family Dollar', le caissier voulait me donner une poche en plastique. Avant, aux US, on nous donnait des sacs en papier. Même ça c'est fini. Je lui ai répondu dédaigneusement que j'avais mon sac: 'No plastic Please!'.

 

Par iming.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mardi 10 août 2010 2 10 /08 /Août /2010 00:47

PICT0235.JPG

 

Et, littéralement, mon coeur se bouleversa, mon esprit s'embrasa, à la vue de ces rangées infinies des revues philosophiques des tous les coins et recoins du monde... Krtiterion, Analogia, Archiv für Geschichte der Philosophie, Phonesis, Ratio, Rational Philosophy, Philosophical topics, Revue des sciences humaines, Tijdschrift voor filosofie, Filosofia neo-scolastica...

 

Dans ce dédale de vagues humaines et abstraites, mes yeux s'échouèrent calmement sur la Revue de Théologie et de Philosophie.

Je pris le large en m'enfonçant dans un essai sur la métaphorologie comparée...

Par iming.over-blog.com - Publié dans : Regards et paysages
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 4 août 2010 3 04 /08 /Août /2010 15:22

Le titre est alléchant, non ?

 

J'ai trouvé ce livre dans une librairie lambda de Montreal. Non pas que je sois criblée de dettes mais la lecture  de quelques conseils très pragmatiques m'a interpellée. L'auteure dit qu'un dollar est un dollar et que économiser 7 dollars sur l'achat d'un bien, que ce dernier coûte 20 dollars ou 1289 dollars, vaut la peine. En achetant ce livre 18 dollars, c'est à dire 13,32 euros, j'ai commencé par mettre ce précepte aux orties car pas plus tard que ce matin, en fouinant dans amazon pour y récupérer l'image de la couverture, je me suis aperçue que j'aurais pu l'avoir pour 7 euros et 50 cts, livraison comprise. Mais je n'aurais pas la joie de vous en parler ce matin, aussi...

 

 

La couverture: http://www.cbc.ca/stevenandchris/images/DebtFreeForever.jpg

Pas mal, non ? Bon, il est vrai qu'on pourrait conseiller à l'auteure de s'acheter un livre sur le régime crétois mais je vais jeter ma langue aux oubliettes et me consacrer à ce qu'elle a dans la tête et non dans le ventre.

 

J'ai acheté ce livre pour me permettre de replonger dans le quotidien de l'Américain moyen, retrouver son langage, ses états d'âme et ses difficultés. Je me suis dit que crise oblige, ce livre rencontre certainement un énorme succès. Le 'rank' de Amazon est d'ailleurs de 29063, ce qui n'est pas mal.Et puis, il était partout dans la librairie, alors...

 

Je n'en suis qu'à la page 73 mais j'en ai déjà appris pas mal à savoir :

- l'expression que j'adore : 'Guesstimate' : une condensation etre 'guess' (deviner) et 'estimate' (estimer), ce qui aurait chez nous l'allure de devistimer... excellent, non? L'auteure tient au détail et à la précision et répète à longueur de ligne qu'il ne faut pas deviner ou  estimer mais calculer, compter et aligner sur papier.

Elle conseille d'ailleurs à ceux qui n'ont pas la fibre des maths (là, il faudrait lui dire que ce n'est pas des maths mais du simple calcul) , de perendre un jeu d'argent pour enfant et de faire des tas.

 

- pour réagir à un déficit, il faut savoir où on en est, c'est à dire, faire le point sur l'historique, connaître ses véritables besoins et se réels moyens.

J'ose pour ma part élargir ce principe à tous : alimentation, condition physique, amitiés, carrière, désir d'apprendre , etc.

 

Bref, vous l'avez deviné, hier, il pleuvait des cordes à Montreal et je me suis délectée de cette lecture très enrichissante sur l'Amérique au sens large.

 

 

Aujourd'hui, un festival commence, celui de la mode et du design. Je vais aller y faire un tour, j'adore ! A demain!


PICT0312

Par iming.over-blog.com - Publié dans : Montreal
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 3 août 2010 2 03 /08 /Août /2010 14:59

 

Connaissez-vous Philippe Murray ? Il a écrit, enfin il décrit plutôt notre société moderne. L'homo sapiens est remplacé par l'homo festivus, même par le festivus festivus, l'homme de spectacle, à la vie morbide (cet oxymore vient de moi. Lui, il parle carrément de mort).

 

Rollerfamily  Et bien, je ne peux plus voir désormais les rollers comme avant. Les anecdotes du roller, des vélibs des festivités comme la fête de la musique, la nuit blanche, les divers rassemblements pour telle cause et contre telle méchanceté ne seraient-ils pas de simples pansements posés sur un volcan en éruption? Celui de la modernité qui balaie tout sur son passage, surtout les différences, la souffrance, la mort, qu'on accepte de moins en moins selon un principe de précaution quasi-totalitaire ?

 

Ok, je reviens à Montréal... Sympa la photo, non ?

Par iming.over-blog.com - Publié dans : Montreal
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus